Pour lutter contre la spéculation, la Zambie limitera à cinq le nombre de licences minières par compagnie

En Afrique, certaines juniors minières détiennent pendant des années des titres miniers, sans aucune intention de les mettre en valeur. Depuis quelques années, les Etats semblent prendre conscience des conséquences de cette pratique sur le développement du secteur minier.

En Zambie, les compagnies minières ne pourront désormais plus détenir plus de cinq licences minières. C’est ce qu’a indiqué lundi 17 octobre le ministre des Mines Paul Kabuswe, au cours d’un point de presse à Lusaka, précisant que les investisseurs qui en voudront davantage devront se justifier.

Au cours des mois d’audit, les autorités ont en effet constaté que, en plus de la corruption dans la délivrance des titres miniers, plusieurs sociétés détiennent 14 ou 15 licences sans y mener d’activités concrètes, les utilisant plutôt pour gagner de l’argent en bourse. Ces juniors minières spéculent en effet sur le potentiel minéral des projets afin d’augmenter leur valeur en bourse, sans jamais vraiment songer à développer les projets.

Il s’agit d’une pratique très utilisée dans le secteur minier africain, où de petites sociétés, aussi bien locales qu’étrangères, sans grands moyens financiers obtiennent des titres miniers au nom du principe « premier arrivé, premier servi ». Le laxisme de certaines autorités et la corruption favorisent ensuite le non-respect du cahier des charges par ces entreprises.

La décision du gouvernement zambien s’inscrit donc dans le cadre de l’amélioration du paysage minier local entamé après l’élection il y a plus d’un an du président Hakainde Hichilema, et marqué notamment par l’arrêt momentané de l’octroi des titres miniers depuis plusieurs mois. Selon le ministère, c’est le temps qu’il a fallu pour réorganiser le secteur et le service chargé de délivrer ces autorisations d’exploration minière devrait donc reprendre ses activités le 19 octobre.

Il faut d’ailleurs souligner que la Zambie n’est pas le premier pays africain à s’être lancé ces dernières années dans une croisade contre ce type de sociétés. Entre 2020 et 2021, l’Ethiopie a ainsi révoqué une centaine de licences minières alors que le Malawi a décidé, en 2020, de révoquer les titres miniers où aucune activité n’a été menée pendant au moins cinq ans.

Pour rappel, la volonté du président Hichilema est de rendre à la Zambie son statut de « grande nation minière » en Afrique. Si cela passe par l’augmentation de la production de cuivre, le principal produit d’exportation du pays, les autorités entendent aussi diversifier le secteur minier avec l’exploitation de l’or, du cobalt et du manganèse notamment.

La Zambie est le deuxième producteur de cuivre en Afrique. Les compagnies opérant dans le pays comprennent les canadiens Barrick et First Quantum Minerals, le britannique Vedanta ou encore le chinois China Nonferrous Metals Mining.

Agence ecofin

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