RDC-Cuivre : la fonderie de Kamoa-Kakula livre ses premiers anodes pur à 99,7 %
La nouvelle fonderie du complexe cuprifère Kamoa-Kakula, situé dans la province du Lualaba et opéré par Kamoa Copper SA, a produit ses premières anodes de cuivre pur à 99,7 % le 29 décembre 2025. Ivanhoe Mines, développeur et actionnaire du projet, en a fait l’annonce le 2 janvier 2026. Il s’agit d’une avancée industrielle notable pour ce complexe minier, dont la montée en puissance est suivie de près par les observateurs du marché des métaux.
D’un coût annoncé de 700 millions de dollars, la fonderie vise une capacité nominale de traitement de 500 000 tonnes de concentré par an, ce qui en fait, selon Ivanhoe, la plus grande installation de ce type en Afrique. L’infrastructure permettra, à terme, de transformer sur place le concentré issu des trois unités de traitement du site minier.
En attendant sa pleine montée en régime, la compagnie prévoit que ses ventes de cuivre excéderont sa production annuelle, en raison de la commercialisation progressive de stocks antérieurs constitués avant l’entrée en service de la fonderie.
Jusqu’à 700 000 tonnes d’acide sulfurique par an
Le site produira également jusqu’à 700 000 tonnes par an d’acide sulfurique, un sous-produit utilisé dans l’industrie minière régionale et dont la demande s’est accrue depuis l’interdiction d’exportation imposée par la Zambie en septembre 2025. Les premières ventes ont d’ores et déjà été conclues, selon la compagnie.
Au-delà des chiffres, cette entrée en production concrétise un changement de paradigme industriel pour Kamoa-Kakula. Depuis sa mise en service en 2021, la mine exportait la majeure partie de son concentré de cuivre vers des fonderies situées hors du territoire congolais. Une partie — environ 35 % selon plusieurs sources concordantes — était également traitée localement à l’usine de Lualaba.
« Cette installation livrera les anodes de cuivre congolais de la plus haute qualité aux marchés internationaux, établissant une nouvelle référence mondiale en termes d’échelle, d’efficacité et de durabilité », a commenté l’homme d’affaires canado-américain Robert Friedland, l’un des dirigeants d’Ivanhoe Mines.
La construction d’une fonderie sur site s’inscrit dans une logique de valorisation locale formulée dès 2021 par la compagnie, afin de réduire les coûts logistiques — le volume de cuivre contenu par chargement étant plus élevé une fois transformé —, de sécuriser les débouchés et de diversifier ses sources de revenus.
D’après les dernières données disponibles, l’ensemble de la production d’anodes de la fonderie est déjà couvert par des contrats de vente à long terme, conclus avec les groupes chinois CITIC Metal et Zijin Mining, ainsi qu’avec le négociant suisse Trafigura.
Un marché sous tension
L’entrée en production de cette infrastructure survient dans un contexte de tensions persistantes sur l’offre mondiale de cuivre et d’anticipations haussières sur les prix. Le cours du métal rouge a affiché une tendance haussière en décembre et s’est même approché des 13 000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME) en fin de mois, porté par l’anticipation de droits de douane américains sur les importations de cuivre raffiné, ainsi que par les préoccupations sur l’approvisionnement.
Parmi les facteurs d’inquiétude figurent plusieurs incidents survenus en 2025, dont un séisme ayant affecté Kamoa-Kakula en mai dernier. Ce sinistre a conduit Ivanhoe à revoir à la baisse ses prévisions de production, désormais attendue à environ 420 000 tonnes en 2025 et 2026, contre plus de 500 000 initialement escomptées.
Dans ce climat, plusieurs analystes s’attendent à une poursuite de la hausse des prix au cours des prochains mois. Le groupe Citigroup estime que le cuivre pourrait dépasser 13 000 dollars la tonne d’ici le deuxième trimestre 2026 et anticipe une hausse de 2,5 % de la consommation mondiale finale sur l’année. Gregory Shearer, stratège métaux chez J.P. Morgan, considère que la conjonction entre « stocks disloqués » et « perturbations aiguës de l’offre minière » crée les conditions d’un marché haussier durable.
Cette dynamique confère à l’entrée en production de la fonderie de Kamoa-Kakula une signification particulière, tant pour les actionnaires que pour le pays hôte, en offrant un levier économique supplémentaire.
Pour rappel, le complexe minier est détenu à 39,6 % par Ivanhoe Mines, 39,6 % par le groupe chinois Zijin Mining, 20 % par l’État congolais, et 0,8 % par Crystal River Global Limited.
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